Séparation

Séparation


par Pancho Crazy Deer

En la Nouvelle Terre, celle des hommes libres du Grand Dehors, les cœurs ne saignent pas, l’amour n’est pas une attente mais un don, il ne peut par conséquent être retiré, aboli.

L’attachement à l’autre n’existe pas, car il témoignerait de manques et amoindrirait l’amour, qui ici est inconditionnel.

Dans l’ancienne terre, celle du soleil du grand ouest, l’amour résulte d’une attirance dont une partie est inconsciemment reliée aux blessures en nous non identifiées et par conséquent encore moins guéries.

Ce qui entraîne inévitablement que si l’un des deux guérit de son côté ce que l’autre n’identifie pas encore, ne guérit pas, l’équilibre amoureux est rompu.

Bien des couples tordant un peu le cou à la sincérité, restent unis en façade, arguant de quelque bonne raison.

Mais il ne saurait plus être question d’amour; l’amour inconditionnel conduit à se réjouir de tout ce qui réjouit l’autre, à se sentir libre du fait de n’avoir que désir de liberté absolue pour l’aimé(ée), adossé à la certitude absolue de l’amour qu’on lui porte, et à la confiance intégrale en son cœur.

Sans jouer sur les mots, une séparation est peut-être moins une épreuve qu’un défi initiatique, celui que l’on s’est choisi sur son chemin, à moins de se considérer comme victime, c’est à dire de valider tout ce qui caractérise les esclaves humains de l’ancienne terre.

Mais si l’on se considère comme un guerrier qui se bat pour la beauté, pour la liberté, pour la sortie du chaos, pour l’arrêt de la dévastation et de la barbarie, pour l’amour inconditionnel, alors on ne tombe pas dans le piège de renoncer sans combattre ce qu’on s’est soi-même fixé d’affronter.

Reconnaitre à sa juste mesure son courage, s’honorer avec tendresse pour soi, avec beaucoup de respect, et partir à l’assaut sans tarder de tous les anciens schémas en soi qui enchaînent les Hommes immatures; faisceaux divers de la culpabilité, de l’art de culpabiliser autrui, de la peur de l’abandon, de la colère ou de la jalousie, de la manipulation, de l’insincérité, de la victimisation, et de quelques autres encore.

Comme c’est dans l’air du temps et que c’est ce qu’attend de ses enfants notre Mère Terre, on bénéficie de tout son soutient et celui de l’univers, il n’y a qu’à demander, mais on doit le faire pour obtenir toute l’aide requise.

La victoire est certaine, et l’aimé(ée) ne peut être perdu(e). Certes il y a un deuil légitime et nécessaire, comme chaque fois que de vieux schémas nous quittent, mais ce ne saurait être le deuil de l’Autre, c’est celui de la relation, et de son confort, c’est celui des habitudes et des réflexes installés, cristallisés qui font perdre de vue que la vie et l’amour ne sauraient être compatibles avec cette douce sclérose.

Ce deuil est l’occasion de bannir toute tentation de rejet, de colère, de remords.

Au quotidien, le combat s’apparente aux montagnes russes, même sur le plan vibratoire il n’est pas acceptable d’émettre de reproches, de colère, ni de tristesse.

On doit être à l’affût et n’ouvrir aucune brèche aux émotions de basse fréquence, ne pas ressasser dans son mental des souvenirs associés à des sentiments d’erreurs ou d’échecs, ne pas tenter d’oublier ou d’effacer non plus, cela s’apparenterait au mensonge à soi-même, mais se garder de se juger et de juger l’autre.

Dans tous les cas c’est du mental associé à l’ego que vient le danger. C’est leur connexion à la fausse matrice de limitation, destinée à maintenir prisonniers du corps de souffrance qui envoie de faux messages, abuse et conduit à répéter encore et toujours les mêmes erreurs.

On sera sur le champ de bataille 24 heures sur 24, devant faire preuve d’une grande vigilance à accroître en se recentrant toujours dans son cœur; dès que l’on sent de la peine, décréter si l’on n’y croit pas encore totalement spontanément, que c’est l’ego et le mental qui ont mal, descendre en soi et par la volonté, accueillir pour le transmuter, son chagrin : il n’en doit rien rester.

Le combat se déroule dans toutes les sphères de la vie quotidienne et il s’orne de rituels sacrés quand le temps en est venu, qui sont l’occasion de le réaliser et de l’intégrer.

Il n’y a que deux options à choisir par soi et soi seul : être victime ou être héros.

On ne saurait avilir l’aimé(ée) par son comportement de victime immature et indigne. On se doit pour l’amour d’être des héros.