Vous avez dit magie noire ?

Vous avez dit magie noire ?


par Lydia Bison Tonnerre

1ère partie : A la reconquête de notre athanor.

Pour qui croit en l’existence d’un monde invisible et en la puissance de notre pouvoir créateur, nul doute que les intentions perverses de certaines personnes à notre égard agissent de manière négative sur notre champ énergétique de même que sur notre corps physique, y infligeant des dégâts conséquents.

Nombreux sont ceux qui ont recours à des sortilèges pour régler leurs comptes, se venger, infiltrer insidieusement l’aura d’autrui dans le but de le vider de sa substance, de le mettre à terre.

C’est le crime parfait. Dans les sociétés qui ont perdu contact avec le fonctionnement des lois de la nature, nul ne peut être trainé en justice, encore moins condamné pour cela ; et c’est tant mieux quand on pense aux millions d’innocents envoyés au cachot ou au bucher pour sorcellerie, à travers les âges et les continents, notamment pendant la période de l’Inquisition.

Toutefois, la réalité de l’usage de la magie mérite d’être prise en compte et appelle à une grande vigilance. Nous subissons les influences, d’une part, des mémoires de nos ancêtres et des programmations limitatives de la fausse matrice, d’autre part, des personnes mal intentionnées usant de leur force psychique pour nous nuire, ou de celle d’un sorcier expérimenté quand elles n’ont pas l’habileté nécessaire pour accomplir ces forfaits.

Chez les peuples où les traditions des ancêtres sont encore vivaces, l’usage de la magie nuisible est partie intégrante de la vie quotidienne au même titre que la magie libératrice et guérisseuse. Dans les pays dit « civilisés », c’est-à-dire là où l’avancée de la technologie humaine est considérée comme un progrès, ce phénomène est regardé comme vulgaire superstition et de ce fait, provoque des ravages considérables.

Car qui n’a pas la connaissance optimale d’une réalité ne saurait se prémunir de ses effets.

De fait, sous-estimer ou ignorer ce phénomène ne nous met pas à l’abri de ses conséquences tangibles et susceptibles d’affecter notre vie. Les personnes qui rejettent cette idée sont précisément des proies faciles pour les sorciers pervertis, en raison d’une déficience de protections qui s’acquièrent, telles des boucliers, grâce à la conscience des esprits alliées présents et à leur invocation. En outre, ces victimes portent, comme tout un chacun, des mémoires d’ancêtres ayant subi ou commis des actes magiques mal intentionnés. Ces empreintes sont des brèches grandes ouvertes qui nous rendent vulnérables à la magie perverse du moment.

Mais au fait, qu’est-ce que la magie noire ?

Tout d’abord, remettons cette notion en perspective. Nous entendons souvent ces deux expressions comme supposément antagonistes : magie noire versus magie blanche. Dans l’imaginaire collectif, la magie noire est « mauvaise », défavorable tandis que la magie blanche est « bonne », favorable.

Observons de plus près l’origine de ces formules. Noire et blanche ne seraient-ils pas ici une évocation du processus alchimique ? Notons qu’il est aussi question à l’occasion de magie rouge : la magie sexuelle, très prisée de ceux qui cherchent à retrouver l’affection d’un amant perdu et veulent l’asservir à leurs propres fantasmes.

Noire, blanche, rouge. N’évoquons-nous pas ici clairement l’oeuvre au noir, l’oeuvre au blanc, l’oeuvre au rouge, les 3 étapes constitutives de l’Alchimie?

Le Guerrier-Guérisseur par exemple, dans sa fonction de catalyseur des ombres à transformer, plonge résolument au cœur des ténèbres pour y rencontrer l’essence même de la lumière, voire la façonner à partir de la matière première obscure qu’offre cet espace d’où nait toute création.

Le noir ne saurait avoir quelque connotation négative que ce soit.

Le charbon qui à son heure devient diamant possède intrinsèquement toutes qualités pour cette transformation accompagnée du temps et de la Nature. Il est parfait dans sa forme ténébreuse, porteur de la pureté prête à se révéler et à irradier.

En conséquence, notre description de l’action nocive et ritualisée du sorcier sans scrupules gagne en précision par l’utilisation d’une terminologie différente, voire divergente. En prenant en compte les enseignements de Don Miguel Ruiz, et notamment de son ouvrage : Les 4 accords toltèques, nous privilégions dorénavant les termes : « projection dévoyée » pour la magie dite « noire » et « empathie active » pour la magie dite « blanche » dès qu’il est question de ce type de manifestations que nous aurons à cœur de développer ultérieurement, à l’instar de la magie sexuelle et la puissance de l’énergie érotique dans le processus alchimique intérieur.

La magie blanche n’est autre que la magie de l’Amour et de la compassion inconditionnels. Elle est l’action menée par le Guerrier-Guérisseur qui enracine sa communion avec la Mère Terre, lui permettant de réaliser ses rêves et de croire en tous les possibles dans une démarche d’entraide et d’expérience partagée.

Comment fonctionne la projection dévoyée sur le plan magique ?

La pratique du rituel, l’utilisation d’outils chargés par la force psychique, l’invocation d’entités parasites (et parfois d’âmes défuntes) consistent à amplifier nos intentions, quelles qu’elles soient. Nos pensées génératrices de créations prennent forme en un égrégore puissant, que le féticheur contrôle à distance dès qu’il est dirigé vers un objet précis. Les mages de tous temps connaissent bien ce concept de l’égrégore, soit individuel soit collectif. Les croyances partagées notamment forment un égrégore dont il est potentiellement difficile de s’extraire puisque alimenté par la force de certitude d’un nombre donné de personnes, et qui n’incite que trop rarement à l’émancipation. Dès que l’égrégore est créé, la projection peut atteindre sa cible et accomplir sa mission, obéissant à l’envouteur tout en le protégeant par sa fonction corollaire de bouclier. Cette démarche est identique pour l’empathie active : le Guerrier-Guérisseur crée aussi un égrégore, bienveillant pour protéger quelqu’un ou quelque endroit.

La projection dévoyée opère de manière analogue, quoique dans une moindre mesure, sans l’appui du rituel. Comme le souligne Don Miguel Ruiz, elle est à l’œuvre tous les jours, chaque seconde dès que nous manquons de vigilance : une critique, une insulte, une pensée rancunière à l’encontre de quelqu’un, ou de soi-même vont informer le champ énergétique et, tant qu’elles ne sont pas transmutées, s’imprimer dans le corps physique. Leur force est néanmoins accrue par la puissance contaminante de l’égrégore collectif des projections incessantes, passées et présentes, polluant au sens propre du mot, le champ morpho génétique et par contrecoup, le grand corps terrestre.

Noble mission et digne posture que de refuser au quotidien d’être les complices de ce phénomène avilissant et de nous atteler à invalider en nous et autour de nous cet égrégore de projections dévoyées dont nous sommes tous co-responsables.

Osons user de magie noire, de magie alchimique, en plongeant au cœur de notre obscurité enfermante. Soyons les héros de la régénération planétaire à l’œuvre. Développons notre empathie active pour permettre à nos êtres de renouer avec leur vibration adamantine originelle.